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Les lundis des Ecrivains, Bernard Werber : “j’écris pour garder la curiosité d’enfant chez mes lecteurs'”

Propos autour de son roman La Boîte de Pandore paru chez Albin Michel.
Modérateur : Hubert ARTUS, journaliste littéraire pour Lire, Marianne, L’Express.

La Boîte de Pandore, le nouvel opus de Bernard Werber, auteur de science-fiction à succès, est un roman drôle et audacieux sur l’exploration des vies antérieures et les mécanismes de l’inconscient. Journaliste scientifique à l’origine, l’écrivain a commencé par se glisser dans l’expérience, se mettant sous hypnose pour revisiter ses vies antérieures qu’il chiffre au nombre de 111. D’initié, il est devenu praticien, conscient de revenir avec une masse de détails inconnus auparavant qui l’amènent à penser la véracité de ces moments. Et il se prend au jeu “d’aller voir ce que s’est vraiment passé”.

“Quand on est hors de sa propre mémoire, il faut utiliser son bon sens” affirme-t-il avant de constater que “l’Histoire dans les livres est écrite par des historiens à la solde des politiciens”. Taclant Michelet largement diffusé dans les écoles au XXeme siècle, il s’engage : L’Histoire raconte l’histoire des vainqueurs, gommant au passage exactions, mensonges, trahisons, aussi s’intéresse-t-il au traitement des victimes qui, “si on les oublie sont morts pour rien; il faut donc rétablir la vérité dans l’Histoire”.
J’ai commencé à me tromper le jour ou j’ai eu des certitudes, il faut donc également réfuter ses certitudes”, un programme auquel Bernard Werber s’attache. S’informer par soi-même, douter des sources officielles, se forger des opinions personnelles à partir d’observations et d’investigations là encore personnelles, mais aussi s’attacher à suivre une intuition, fouiller une première impression assurent à chacun d’entre nous un espace dans lequel le politique n’a pas de prise. “Voilà ce que je découvre au fil des livres que j’écris”.
La boîte de Pandore nous entretient de ce cheminement du héros, René Toledano, au fil de ses propres vies, nous permettant d’apprécier Louis XVI plus que Henri IV ou Louis XIV, Pompée plus que César…