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Le Lundi des Écrivains avec Charles Berling : « Je voulais ce livre non chronologique, chaotique »

Propos autour de son livre confession « Un homme sans identité », paru chez Le Passeur Editeur. Modérateur : Baptiste Liger, rédacteur en chef du magazine Lire.

Homme de théâtre et de cinéma, chanteur à ses heures, Charles Berling nous démontre avec « Un homme sans identité » qu’il sait également manier la plume avec panache et sensibilité.
Son ouvrage n’est pas une biographie classique, mais davantage un kaléidoscope d’impressions et de fulgurances diverses. Un nouveau jalon important dans sa carrière d’artiste accompli qui, après soixante-sept films et plus de cinquante pièces à son actif, conserve intacte l’envie de se réinventer.

Volonté de l’artiste et de l’homme à la fois, Charles Berling souhaitait ce livre « non chronologique, chaotique ». En d’autres termes, un livre représentatif d’une carrière de saltimbanque qui s’est nécessairement construite au gré des curiosités, des envies, des hasards et des rencontres.
Pour symboliser l’état d’esprit de son ouvrage, notre invité a souhaité citer Simone Veil : ” Tout ce qui est impersonnel dans l’homme est sacré et cela seul”. Cette conviction l’accompagne au quotidien, et traduit la manière dont il appréhende son art de comédien : être dilué dans l’univers, et pouvoir passer d’identité en identité, jusqu’à n’en avoir aucune qui lui soit propre et puisse totalement le résumer… « Et tant mieux » précise-t-il !

Se raconter, revenir sur son parcours, oui, mais dans un rapport au temps qui soit celui d’un espace, pas d’une chronologie. D’où un livre-confession qui évite la succession d’anecdotes bien ordonnées pour mieux privilégier l’instinct et la sincérité du propos. L’envie, de la part de Charles Berling, de travailler les mots et le rythme du texte non pas comme un comédien qui écrit, mais comme un écrivain à part entière.

Parmi les moments forts de cette rencontre, citons la lecture du dernier paragraphe du livre. En réponse à la cruciale question « Pour qui est-ce que j’écris ? », l’auteur nous a offert un monologue passionné au souffle littéraire fiévreux, déclamé avec son talent scénique habituel et l’émotion de scander ses propres mots. Dans un style libéré de tout carcan, Charles Berling y multiplie les images audacieuses, les métaphores aussi bien charnelles que spirituelles, révélant sa sensation profonde d’être devenu par son art un être protéiforme… « Un homme sans identité ».
Et lorsque le livre se referme sur les mots “Je vis, et je suis heureux”, l’on comprend que sa curiosité et son appétit de vivre le mèneront encore vers de grandes et belles expériences.