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11 mars 2019 – Le Lundi des Écrivains avec Michel Drucker : « Dès mes débuts, j’ai eu l’obsession de durer »

Propos autour de son livre « Il faut du temps pour rester jeune », aux Editions Robert Laffont. Modérateur : Baptiste Liger, rédacteur en chef du magazine Lire.

L’homme de télévision n’est plus à présenter. Ce que l’on sait moins, c’est que Michel Drucker sait également prendre la plume lorsqu’un sujet lui tient particulièrement à cœur : évoquer son frère disparu Jean dans « Rappelle-moi », ses errements d’adolescent avec « Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ? », ou encore sa vision lucide du monde médiatique dans « De la lumière à l’oubli ». Son dernier ouvrage, « Il faut du temps pour rester jeune », est quant à lui le manifeste d’un septuagénaire inoxydable qui s’élève contre le jeunisme ambiant.

Si habitué à célébrer le talent des autres, Michel Drucker s’est révélé très à l’aise dans l’exercice plus personnel d’évoquer des idées qui lui sont chères. Avec cette pointe d’émotion particulière à l’idée de présenter son livre dans notre établissement de Saint-Germain-des-Prés, quartier d’artistes que sa mère si cultivée aimait énormément.

« Il faut du temps pour rester jeune » donc, que l’animateur pourrait reformuler en « Il faut du temps pour durer », cette idée ayant été son obsession dès ses débuts. Par quels secrets a-t-il su résister au temps qui passe ? Aux modes qui font et défont sans cesse le milieu du PAF ?

Fils et frère de médecins, Michel Drucker était programmé pour appliquer dès son plus jeune âge les bons réflexes en matière d’alimentation saine ou de sommeil réparateur. Paradoxe ou suite logique, c’est également un hypocondriaque légendaire, qui a évoqué avec beaucoup d’autodérision son armée de médecins spécialistes ou les innombrables IRM passés par simple précaution.

Inoxydable nous disions. Toujours présent, toujours actif, et par conséquence toujours jeune. Encore à ce jour, Michel Drucker travaille 12 à 15 heures par jour. « Mais ce n’est pas vraiment du travail, quand on aime ce que l’on fait ». Il existe pour lui une nette différence entre l’épuisement d’une vie qui ne nous convient pas et la « bonne » fatigue du métier que l’on pratique avec une passion sans cesse renouvelée, comme cela est son cas.

Autre principe chevillé au corps : ne pas courir après les modes, ces dernières étant par définition éphémères, vouées à se faner et à se faire balayer par la suivante. Michel Drucker n’a jamais été l’animateur branché du moment et bien lui en a pris, c’est à son sens ce qui lui a permis de durer dans le métier.

Rester jeune, enfin, c’est aussi se lancer régulièrement de nouveaux défis, mener de nouveaux projets. D’où ce vieux rêve réalisé il y a peu de monter sur scène, malgré un trac immense, et se retrouver à la place de ces milliers d’artistes qu’il a reçu sur son plateau. Il nous a d’ailleurs confié travailler sur un prochain spectacle, avec l’idée malicieuse de « se lâcher » et de faire mentir pour une fois sa réputation d’animateur qui ne dit jamais du mal de ses invités. A suivre…