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Le Prix Apollinaire est décerné ce lundi 12 novembre aux Deux Magots

Le Prix Apollinaire 2018 est attribué à Cécile Coulon pour son recueil Les Ronces paru aux éditions Le Castor Astral.

Le Prix Apollinaire Découverte 2018 est attribué à Alexandre Bonnet-Terrile pour son recueil Les Numérotés paru aux éditions Le Castor Astral.

Cécile Coulon est née en 1990 à Clermont-Ferrand. Après avoir fait ses débuts littéraires à l’âge de 16 ans avec Le Voleur de vie (Revoir, 2007), elle publie cinq autres romans chez Viviane Hamy, dont Le roi n’a pas sommeil (Prix Mauvais genres 2012), Le Cœur du Pélican (2015) et Trois saisons d’orage (Prix des libraires 2017).
En 2018, paraît son premier recueil de poèmes : Les Ronces. Comme l’écrit Tahar Ben Jelloun, la poésie de Cécile Coulon « est un regard tendre et exigeant jeté sur le réel. Poésie de l’audace et de l’émotion née d’images inattendues, belles, fortes et quotidiennes, mais il s’agit d’un quotidien intérieur, pensé, rêvé, inventé par une jeune femme qui aime la vie et lui rend hommage avec vérité et musique ».

Alexandre Bonnet-Terrile, né en 1999, actuellement élève en classe préparatoire à Paris, publie régulièrement des poèmes dans des revues telles que Poésie première, Lichen ou Place de la Sorbonne. Les Numérotés est son premier recueil : « des poèmes brefs et incandescents » qui laissent transparaître « une maturité exceptionnelle dans l’écriture ». Ou, en d’autres termes, « l’entrée fracassante en littérature d’un jeune poète de 17 ans », comme le souligne Zéno Bianu.

Le jury du Prix Apollinaire a sélectionné cette année 2018 des ouvrages aux qualités poétiques et littéraires qui ont donné lieu à des débats passionnés:
William Cliff, Matières fermées, La Table Ronde, 2018
Cécile Coulon, Les ronces, Le Castor Astral, 2018
Abdellatif Laâbi, L’espoir à l’arraché, Le Castor Astral, 2018
Cédric Le Penven, Juste un arbre Juste, Æncrages & Co, 2018
Emmanuel Moses, Dieu est à l’arrêt du tram, Gallimard, 2017
Dominique Sorrente, Les gens comme ça va, Cheyne éditeur, 2017
Jean-Luc Steinmetz, Suites et fins, Le Castor Astral, 2017

Et le Prix Apollinaire Découverte 2018 ne fut pas en reste.
Alexandre Bonnet-Terrile, Les numérotés, Le Castor Astral, 2018
Margaux Lefebvre, Les Oiseaux lacunaires, Libraire-Galerie Racine, 2017
Aldo Qureshi, Made in Eden, Atelier de l’agneau, 2018

Le prix Apollinaire et Les deux Magots
Le Prix Apollinaire, le plus ancien et le plus prestigieux prix de poésie en France aura cette année une couleur particulière, Guillaume Apollinaire étant mort le 9 novembre 1918. Un centenaire donc. L’occasion de rendre hommage à ce poète inspiré et inspirant en célébrant la poésie qui fut la matière première de son œuvre.

La remise du Prix Apollinaire 2018 et du Prix Apollinaire Découverte 2018 a eu lieu le lundi 12 novembre à 19h aux Deux Magots, l’ancien QG du poète. Cette année, le Prix est décerné par Catherine Frot qui a lu des poèmes de Guillaume Apollinaire et des recueils primés.

Le prix Apollinaire : la poésie à tout prix !
Fondé en 1941, le Prix Apollinaire couronne chaque année « en dehors de tout dogmatisme d’école ou de technique un recueil caractérisé par son originalité et sa modernité ». Il est considéré comme le “Goncourt de la poésie” – en partie parce que certains membres du jury ont été ou sont jurés Goncourt, comme Hervé Bazin, Robert Sabatier ou Tahar Ben Jelloun en leur temps. Nouvellement créé, le Prix Apollinaire Découverte couronne quant à lui un jeune auteur particulièrement remarquable aux yeux du jury.

Présidé par Jean-Pierre Siméon (poète, dramaturge, Professeur agrégé de Lettres Modernes et Directeur de la collection Poésie chez Gallimard), le jury est composé de personnalités du monde de la poésie : Marc Alyn, Linda Maria Baros (secrétaire générale), Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, Fabienne Courtade, Philippe Delaveau, Guy Goffette, Jean Portante et Jean Rouaud. Jean-Pierre Siméon a écrit de nombreux recueils de poèmes mais aussi des pièces de théâtre dont Stabat Mater Furiosa ou en 2009, Philoctète créé au Théâtre de l’Odéon. Directeur artistique du Printemps des Poètes durant plus de dix ans, il dirige depuis janvier 2018 la collection Poésie/Gallimard.

Le Prix bénéficie de l’appui de nombreux mécènes dont : Catherine Mathivat, Présidente des Deux Magots qui crédite le Prix Apollinaire de 3500 euros et le Prix Apollinaire Découverte de 500 euros, Pierre Guénant, propriétaire du vignoble Villa Beaulieu, Pierre Walusinski, de la librairie Nicaise, sans oublier la complicité active du Printemps des Poètes.

Le Prix Apollinaire en quinze dates

Il fut un temps où, présidé par Jean Cocteau, sa remise constituait un événement majeur de la vie littéraire parisienne. Sous l’impulsion de Robert Sabatier, il a longtemps entretenu des liens privilégiés avec le Prix Goncourt (qui lui apporta même un temps un appui financier), le jury se réunissant chez Drouant et comptant en son sein plusieurs jurés du Goncourt.

1941 : Henri de Lescoët fonde le Prix Apollinaire et invite Paul Aeschimann, André Billy, Francis Carco, Philippe Chabaneix, Henry Dérieux et Jean Lebrau à rejoindre le jury.

1947 : Le Prix Apollinaire est décerné à Hervé Bazin pour le recueil Jour (Îles de Lérins).

années 1950 : Présidé par Jean Cocteau et ce jusqu’en 1963, « l’Apollinaire » devient une véritable institution littéraire. Sa remise à la brasserie Lipp constitue un événement de la vie culturelle.

1959 : Pierre Seghers se voit attribuer le Prix Apollinaire pour l’ensemble de son œuvre et Luc Bérimont, pour L’Herbe à tonnerre (Seghers).

années 1960 : Le palmarès s’enrichit progressivement – Lionel Ray, Lorand Gaspard, pour ne citer qu’eux – sous les auspices des membres du jury qui siègent désormais au Procope.

1972 : Les treize membres du jury – Jean Bancal, Luc Bérimont (président-secrétaire général), Hervé Bazin, Philippe Chabaneix, Maurice Chapelan, Andrée Chedid, Georges-Emmanuel Clancier, Maurice Fombeure, Armand Lanoux, Henri de Lescoët, Robert Mallet (secrétaire général adjoint), Georges Neveux et Robert Sabatier – fondent l’Association Guillaume Apollinaire.

1974 : Le jury, l’Académie Goncourt et l’Association des artistes et écrivains de Champagne se réunissent pour initier un grand événement culturel à Troyes. Voit ainsi le jour Le Printemps de Troyes, manifestation consacrée au poète Léopold Sédar Senghor, Président de la République du Sénégal, lauréat du Prix Apollinaire 1974.

1975 : Hervé Bazin, Armand Lanoux et Robert Sabatier, qui sont à la fois membres de l’Apollinaire et de l’Académie Goncourt, œuvrent pour que le prix, « surnommé le Goncourt de la poésie au cours de ses trente-cinq années d’existence », acquiert « pleinement cette appellation ». En 1975, il est décerné pour la première fois dans le salon des Goncourt, au célèbre restaurant Drouant.
Cette même année, Robert Mallet devient le président de l’Association Guillaume Apollinaire.

1981 : Gaston Miron est couronné du Prix Apollinaire pour L’homme rapaillé (Maspéro).

1986 : En hommage au prix, Drouant inaugure le Salon Apollinaire.

1997 : Un comité d’honneur Goncourt, composé de Daniel Boulanger, Françoise Chandernagor, Didier Decoin, Robert Sabatier, André Stil et Michel Tournier, vient raffermir les liens entre l’Académie et le Prix Apollinaire, présidé, à partir du mois de mai 1997, par Georges-Emmanuel Clancier.

2006 : Après trente ans d’étroite collaboration avec Drouant, chercher une nouvelle voie s’impose. Alors que Charles Dobzynski succède à Georges-Emmanuel Clancier, le Prix Apollinaire investit le salon du même nom que lui consacre l’Hôtel Claret.

2012 : C’est dans les salons du Lutétia que se déroulent, en 2012 et en 2013, les délibérations du jury et les cérémonies de remise du Prix Apollinaire.

2014 : Jean-Pierre Siméon est élu président de l’Apollinaire au Bel-Ami, hôtel qui accompagne le prix pendant deux ans.

2016 : Le Prix Apollinaire renoue avec son grand passé. Désormais, il est accueilli par le célèbre café littéraire Les Deux Magots, où Guillaume Apollinaire lui-même avait ses habitudes.
À présent, le jury, présidé par Jean-Pierre Siméon, est composé de Marc Alyn, Linda Maria Baros (secrétaire générale), Tahar Ben Jelloun, Zéno Bianu, Fabienne Courtade, Philippe Delaveau, Guy Goffette, Jean Portante et Jean Rouaud.