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Les lundis des Ecrivains,
Katherine Pancol, une saga balzacienne

Propos autour de son roman Trois baisers paru chez Albin Michel.
Modérateur : Baptiste LIGER, rédacteur en chef du magazine LIRE

 

Si l’écrivaine s’est formée à l’école de Balzac, sa vie n’en est pas moins un roman comme les héros de ses livres du reste… Elégante, moderne, vivante, cette femme à l’allure dynamique semble avoir écrit sa vie comme ses romans, avec détermination et exaltation. Pour “les lundis des écrivains”, elle livre aux Deux Magots l’esprit dans lequel elle a mené son écriture et sa vie.

Katherine Pancol dévore donc la vie comme la littérature et montre des débuts prometteurs dès l’enfance qui la voit se transformer en rat de bibliothèque et partir en voyage littéraire sur les terres de Cronin jusqu’à Dostoïevsky. Rencontre déterminante, Balzac qui lui révèle la richesse de la “série à épisodes”, la série généalogique aussi et l’entraine dans un univers où la psychologie des personnages, le suspens, le goût des relations lui ouvrent les portes de l’art de la description et de la situation. Le père Goriot, la cousine Bette et Eugénie Grandet deviennent ses amis et remplacent la télé d’aujourd’hui… La vie familiale s’écoule au rythme des pièces de théâtre qu’elle écrit avant de les jouer avec ses cousins, des lectures qui l’emportent, des intrigues qui stimulent son imagination.
Plus tard, elle commence des études de lettres mais très vite les rencontres infléchissent ses choix professionnels. Tout d’abord Juliette Boisrivaud, rédactrice en chef de Cosmopolitan, qui lui demande d’écrire “comme elle est”. Elle, Katherine Pancol n’a que 22 ans, ignore ce qu’elle veut mais tente l’aventure. L’audace, l’envie de se confronter sont déjà là, elle écrit donc “des articles ridicules en 15 feuillets”. Puis c’est Robert Laffont qui l’appellera pour lui mettre le pied à l’étrier et Romain Gary avec qui elle se lie d’amitié qui lui donne le feu vert.

Un premier roman suivi bientôt de nombreux autres et un passage dans l’émission culte de Bernard Pivot, Apostrophes, lui assurent dorénavant un succès qui ne se démentira jamais. Katherine Pancol quitte la France pour les Etats-Unis, travaille sur une série télé et “coachée” par la chaîne va apprendre nombre de petits trucs littéraires qui vont l’aider. La famille de ses personnages ne cesse de grandir, les intrigues se complexifient de livre en livre, et ne sait plus vivre sans écrire chaque matin de 7h à midi… “Je suis dans le même état que mes lecteurs quand j’écris, je ne sais pas ce qui va arriver… En revanche, je connais mes personnages par coeur et il leur arrive de me surprendre”. Elle vit plusieurs vies, écrit une chanson pour Sheila, Mélancolie, riche de 50 mots de vocabulaire et interviewe au même moment à Genêve, une personnalité d’Amnesty International.

Dans son dernier opus, Trois baisers, Tom est au collège et Adrian travaille à la ferraillerie. Zoé et Léa gagnent 100.000 euros à un jeu. Gary quitte Calypso et renoue avec Hortense. Edmond apprend qu’Adrian a fait une demande de prêt de 100.000 euros en son nom pour acheter un broyeur à plastique et il l’accorde. Hortense fait 3 baisers à Junior, génie de 7 ans, pour avoir des infos sur 3 financeurs. Gaspard, ado, blesse Tom et lui prend son blouson. Adrian loue un hangar et achète un broyeur pour s’installer mais se fait voler. Stella découvre ce hangar. Adrian apprend à Tom à se battre. Il se bat avec Gaspard devant le collège et Dakota, nouvelle dans sa classe, lui fait 3 baisers à terre. Stella hérite de 767.000 euros de sa mamie. Camille, bibliothécaire, lui donne un film montrant Ray violant une femme et blessant sa fille. La mère s’est suicidée et Stella découvre que la fille est Dakota. Tom rencontre Junior au défilé d’Hortense. Jérôme, gendre d’Edmond, se tue en chargeant des tôles. Stella prête 400.000 euros à Adrian pour s’associer avec Adrian. La saga continue…

Katherine Pancol s’est donc imposée comme un auteur à succès dès son premier roman, Moi d’abord en 1979. Avec la série Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, elle est devenue un des plus grands phénomènes d’édition des dix dernières années en France (plus de 6 millions d’exemplaires vendus !) et dans le monde (elle est traduite dans 29 pays dont les Etats-Unis).