Exposition « Boris Vian, toujours Vivant », du 9 au 23 mars 2020 aux Deux Magots

 

« A-t-on connu plus fringant centenaire ?

Un centenaire aux talents multiples, aux inspirations sidérantes et à la poésie intemporelle, puisque son univers, ses univers résonnent en nous, ici et maintenant, et continueront de le faire.

Voyageons dans le Saint-Germain-des-Prés de Boris, au sein des Deux Magots, un lieu cher au Bison Ravi.

Cette exposition, au-delà d’une douce nostalgie, nous invite à être les plus vivants possibles, comme il sût si bien l’être au cours de ses vies parallèles. Merci pour tout, Boris. »

La Cohérie Boris Vian

 

Ces quelques mots résument parfaitement l’esprit de l’exposition dédiée au « Prince de Saint-Germain-des-Prés », du 9 au 23 mars aux Deux Magots, en partenariat avec la formidable Cohérie Boris Vian. Une façon de clore en beauté plusieurs mois d’évènements organisés dans notre établissement afin de lui rendre hommage, dans le cadre du centenaire de sa naissance : soirée de l’été littéraire 2019 conçue autour de ses multiples facettes d’écrivain, un numéro par mois des Jeudis du Jazz pour découvrir ou redécouvrir son répertoire de chansons joyeuses et imparables, ou encore la douceur sucrée « La Trompinette » créée par Pierre Hermé spécialement pour nous.

Voici quelques documents exposés dans la salle des Deux Magots à l’occasion de « Boris Vian, toujours Vivant »  :

Une affiche originale de 1956 présentant la prestation musicale de Boris Vian à l’époque où il ne joue plus de la trompette en raison de sa maladie de cœur, mais où il interprète ses chansons.

Un portrait photographique de Boris Vian avec son fils Patrick datant de 1947, dans leur appartement du Faubourg Poissonnière à Paris.

Un programme, appartenant à Boris Vian, de celui qu’il considère comme le plus grand chef de big band, compositeur, arrangeur et pianiste : Duke Ellington. Ce dernier a bercé son adolescence et lui a inspiré le prénom du plus beau des personnages de son œuvre : Chloé. Un hommage magnifique rendu à celui qui ne le décevra jamais. Il l’a rencontré en 1948 et en resta ému jusqu’à la fin de ses jours.

Un fusain et aquarelle de Lucien Coutaud qui deviendra ami indéfectible de Boris Vian. Ce dessin offert à Boris Vian en 1947 nous montre son instrument de prédilection, entre trompette et trompinette ou « trompette de poche » en pleine action.

Une petite partie de la collection originale du Journal Jazz Hot dans lequel il va écrire de 1948 à 1958 avec passion et curiosité, donnant un ton rare et même nouveau dans ces rubriques et notamment dans celle des courriers des lecteurs.

Un poème Zazou écrit en 1944, agrémenté d’un dessin réalisé par le frère de Michelle Vian, Claude Léglise.

Six feuillets manuscrits issus du Manuel de Saint-Germain-des-Prés et de ses lieux et pratiques.

L’exposition présente également des premières éditions de certaines de ses œuvres littéraires, parmi lesquelles :

« Vercoquin et le plancton », premier roman de Boris Vian publié en 1946 aux éditions Gallimard sous l’égide de Raymond Queneau, qui le fait rentrer dans le cercle littéraire parisien, ce qu’il souhaite. Dorénavant, Boris Vian espère passer d’ingénieur à homme de lettres.

« L’écume des jours », son second roman, publié chez Gallimard en 1947. Cet ouvrage n’obtient pas le Prix de La Pléiade au profit du recueil de poèmes de l’abbé Grosjean. Une déception importante pour Boris Vian qui marquera la fin de sa collaboration avec les éditions Gallimard.

« L’herbe rouge », roman paraît au éditions Toutain en 1950 et après bien des démarches éditoriales. On dit de ce roman qu’il est l’un des plus autobiographiques.

Quatre romans signés sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, auteur imaginaire dont Boris Vian se prétendait le traducteur : « J’irai cracher sur vos tombes » ; « Les morts ont tous la même peau » ; « Et on tuera tous les affreux » ; « Elles se rendent pas compte ».

« Les fourmis », recueil de nouvelles édité en 1949.

Des romans de Kenneth Fearing et Peter Cheney, traduits par Boris Vian himself.

 

Trois autres partenaires nous font l’honneur de participer à cette exposition :

L’INA, qui édite un disque vinyle 33 tours avec Diggers Factory, en tirage limité et numéroté à 1000 exemplaires, et expose deux photos de Boris Vian avec des grands de la chanson française (voir plus bas).

La Poste, qui présente l’agrandissement du joli timbre à l’effigie de Boris édité cette année par Philaposte.

Grammaj, maison d’édition d’estampes qui a réalisé deux lithographies :

La machine à confesser (éditée en 2019), en vente sur le site grammaj.com : le dessin original de La Machine à confesser, réalisé à l’eau-forte en 1957, est toujours accroché dans le bureau de Boris Vian. Il nous propose son interprétation du confessionnal. A chacun d’y trouver sa place, prêtre, psychanalyste, bourreau, patient ou condamné ou …

La chaise musicale (éditée en 2020), en vente sur le site grammaj.com : la chaise musicale fait partie des inventions de Boris Vian qui ont vu le jour, en effet cette chaise est aujourd’hui encore dans son bureau, Cité Véron. Il l’a dessinée puis fabriquée en 1951 car les chaises standard des années 50 ne convenaient pas à sa grande taille pour lui permettre de jouer de la guitare.

A gauche : L’écrivain Boris Vian et le chanteur Henri Salvador pendant le tournage de « En direct de chez » Henri Salvador – 23 mai 1958 – (c) Daniel Fallot / INA

A droite : Boris Vian, Marc Doelnitz, Anne Marie Cazalis et Henri Patterson réunis dans le salon de Juliette Gréco – (c) Philippe Bataillon / INA

 

Nous remercions très chaleureusement la Cohérie Boris Vian, qui organise ou supervise toutes les actions artistiques et culturelles autour de l’œuvre ainsi que la gestion du patrimoine familial et personnel de Boris Vian. Sa Directrice du patrimoine Nicole Bertolt nous a fait confiance tout au long de ces festivités, avec une passion communicative pour son cher « Bison Ravi » et une connaissance experte de son œuvre qui ont rendu cette exposition possible.